Assises de l’insertion : les documents finaux

Vous trouverez ci dessous « Les Actes du dispositif des assises de l’insertion 2012-2015 » en téléchargement.

Cover-Actes

Ainsi que « La synthèse des possibles » des Assises de l’insertion.

Cover-brochure

 

 

 

 

 

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Documents utiles pour le 21 novembre

Comment s'inscrire aux Assises de l'insertion, c'est par ici, cliquez sur le leien vers le formulaire en ligneVous trouverez tous les documents nécessaires à la participation à cet événement en téléchargement ci-dessous. Cliquez sur le nom du document pour le télécharger.

 


Cube6-enjeux-sociopolitiquesNote d’introduction aux Assises

 

 

Cube-1-Dispositif-accompagnementATELIER 1 : Recommandations Champ 1 :
Dispositif d’accompagnement.

Eclairages sur le dispositif d’accompagnement.

 

Cube2-Processus-accompagnementATELIER 2 : Recommandations Champ 2 :
Processus d’accompagnement.

Eclairages sur le processus d’accompagnement.

 

Cube3-personnes-accompagneesATELIER 3 : Recommandations Champ 3
Les personnes accompagnées.

Eclairages sur les personnes accompagnées.

 

Cube4-accompagnement-marche-emploiATELIER 4 : Recommandations Champ 4
L’accompagnement vers le marché de l’emploi.

Eclairages sur l’accompagnement vers le marché de l’emploi.

 

Cube5-accompagnement-et-droit-au-travailATELIER 5 : Recommandations Champ 5
Accompagnement et droit au travail.

Eclairages sur l’accompagnement et le droit au travail.

 

Les inscriptions aux Assises de l’insertion de ce 21 novembre sont clôturées. Pour toute info complémentaire vous pouvez joindre Nathalie Pieront au 081/74.32.00.

Les Assises de l’insertion en quelques mots

logo500x500Les politiques de Formation et d’Insertion en Wallonie concernent de nombreux acteurs et se trouvent à la croisée des chemins entre Régions (dans le cadre du transfert des compétences), Etat fédéral (activation des chômeurs, dégressivité des allocations de chômage…), et Europe (flexibilité du marché du travail, attaques sur les mécanismes de protection sociale, remise en cause des mécanismes d’indexation…).

Pour sortir d’une approche morcelée des politiques et des dispositifs, des débats cloisonnés et des querelles de chapelles, les acteurs de la Formation et de l’Insertion désirent une concertation aussi large que possible, capable d’apporter des réponses intégrées, construites sur de nouvelles alliances entre un service public fort et des acteurs associatifs forts : condition indispensable pour assurer plus de cohésion sociale, plus de justice et plus d’équité.

Leur message est clair : privilégier la qualité dans l’accompagnement social et professionnel au sens large. Ne pas seulement accompagner le plus grand nombre, si cela doit se faire au détriment de parcours progressifs, émancipateurs et positifs, tant en termes d’insertion professionnelle que d’intégration sociale.

Les différents travaux en lien avec les acteurs de terrain[1] montrent la complexité du travail d’insertion dans un contexte social où la destruction de l’emploi n’est pas compensée par la création de nouveaux. L’empilement et l’éparpillement de diverses mesures au fil des ans et sans évaluation effective, mais aussi la contrainte de devoir accompagner et contrôler en même temps, sont des préoccupations régulièrement mises en avant par les recherches réalisées sur le secteur.

La sécurisation des parcours nécessiterait une prise en compte urgente des effets pervers des politiques de sanction et du temps qu’il faut réellement pour accompagner efficacement les personnes.

Les acteurs ont donc décidé de poser la question sociale de l’insertion sociale et professionnelle, dans le cadre de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, pour dégager des positions communes et, au terme du processus, émettre des recommandations publiques et identifier des actions pertinentes.

L’objectif premier de ces Assises est de revisiter l’insertion (et particulièrement l’accompagnement des demandeurs d’emploi) pour en faire un outil de « développement qui a pour objectif l’amélioration continue de la qualité de la vie et du bien-être humain, tant localement que globalement ».[2]

Pour mener à bien ces travaux, c’est la méthodologie dite de la « Conférence de consensus » qui a été retenue. Un Comité de pilotage du dispositif “Assises de l’insertion” a été constitué informellement avec des acteurs représentatifs des institutions de formation et d’insertion socioprofessionnelles : EFT-OISP, Mires, Régies des quartiers, Forem, CPAS, CSEF… Ces personnes ont agi sans mandat particulier, mais en parfaite transparence avec leur institution. Ce comité a travaillé durant plusieurs mois sur la problématique et a distingué 5 champs :

  • les dispositifs d’accompagnement
  • les processus d’accompagnement,
  • les personnes accompagnées,
  • le marché de l’emploi,
  • le droit au travail.

Puis, une série de questions “vives″ a été conçue ainsi que des hypothèses de réponses que des experts, acteurs de terrain et universitaires ont confrontées à leurs recherches.

De ce processus est né un document : Synthèse des possibles.

Ces possibles “engagés” ont pour finir été mis à l’épreuve par confrontation publique sous l’égide des CSEF dans nos différents territoires.

Ce processus sera encore mis en travail le vendredi 21 novembre 2014 lors d’une journée qui rassemblera les acteurs de l’insertion en Wallonie. Les participants valideront en assemblée générale les réponses et les pistes d’actions pour faire mieux encore, tous ensemble, et le faire savoir aux responsables politiques.

[1] Pour prendre connaissance des travaux menés sur le travail d’insertion, vous pouvez consulter le blog créé dans le cadre des Assises : https://assisesdelinsertion.wordpress.com/

[2] Extrait du décret sur le développement durable adopté par le Parlement wallon le 26 juin 2013).

1. Dispositifs d’accompagnement

Cube-1-Dispositif-accompagnement

1. Dans le cadre des politiques d’activation, l’accompagnement individualisé peut être un dispositif adéquat pour les demandeurs d’emploi, car il permet d’assurer une continuité dans le processus de leur prise en charge.

Recommandation : Personnaliser et garantir un dispositif équitable dans la durée et l’assortir d’une dimension collective.

Pistes d’action : 

  • Privilégier, y compris dans les politiques d’activation et de contrôle, un accompagnement personnalisé tenant compte de la personne dans sa globalité (réalités de vie).
  • Organiser l’écoute et la participation des bénéficiaires (notamment dans le cadre de groupes de parole).
  • Favoriser les articulations avec des dispositifs qui prennent en charge les aspects sociaux, psychologiques (de santé mentale), culturels et d’éducation en ce compris l’éducation permanente.

Condition de mise en œuvre :  Donner les moyens et le temps pour mettre en œuvre un accompagnement personnalisé de qualité et rendre chaque demandeur d’emploi acteur de son parcours.

Cube-1-Dispositif-accompagnement2. La diversité organisationnelle et pédagogique du secteur de l’ISP est un atout que la concurrence entre les opérateurs met en péril.

 

Recommandation : Co-construire et co-piloter le dispositif d’accompagnement au niveau de chaque territoire pour en garantir la cohérence et l’efficacité.

Pistes d’action :

  • Co-construire les offres de formation avec l’ensemble des acteurs de la formation, de l’insertion et de l’enseignement, sur l’ensemble des bassins de vie, pour répondre aux besoins des demandeurs d’emploi, éviter les formations qui font double emploi et renforcer la cohérence.
  • Intégrer les actions de mobilisation et d’orientation dans une démarche d’accompagnement qui développe ses propres objectifs, savoirs et méthodologies, orchestrés avec les secteurs de l’emploi et de la formation.

Conditions de mise en œuvre :

  • Renforcer la visibilité du secteur de l’ISP pour les demandeurs d’emploi (notamment via le Dispositif CEFO).
  • Renforcer la mise en réseau multilatérale des opérateurs [1].
  • Co-construire le repositionnement des opérateurs sur leur mission spécifique en prenant en compte leurs compétences respectives.
  • Mettre en place les conditions permettant la réorientation éventuelle des activités des opérateurs (en cas d’évaluation négative, de besoins insatisfaits…).

[1] Renforcer la mise en réseau multilatérale des opérateurs par :

  • la révision des modalités et moyens de financement des acteurs de l’ISP pour leur permettre de participer et/ou coordonner et/ou d’échanger dans le cadre de la mise en réseau ;
  • la valorisation du temps de concertation entre opérateurs et conseillers dans les démarches liées à l’accompagnement ;
  • l’association des entreprises/employeurs ;
  • le développement de la communication entre opérateurs notamment concernant les parcours des demandeurs d’emploi (nécessité d’un outil) ;
  • le développement continu de la connaissance mutuelle des opérateurs (limites et champs d’intervention des services) ;
  • le relevé et la suppression des incohérences décrétales qui freinent les partenariats et nuisent au fonctionnement et à la crédibilité du système ;
  • le maintien et la réorganisation des instances de concertation sur les territoires ;
  • la création d’un lieu où les réseaux se croisent et se développent ;
  • l’évaluation permanente du partenariat ;
  • l’instauration et la garantie d’un dispositif de recours sur le territoire en cas de litige entre opérateurs ou entre les demandeurs d’emploi et les opérateurs de l’accompagnement et de l’insertion ;  
  • l’association de l’enseignement dans le processus d’accompagnement notamment via des projets de type « transition-insertion ».

2. Processus d’accompagnement

Cube2-Processus-accompagnement

3. Les écarts entre les objectifs et obligations formels assignés à l’institution, les valeurs des travailleurs et les moyens disponibles influencent négativement les conditions de travail des accompagnateurs et rendent difficile le travail d’accompagnement.

Recommandations :

  • Garantir aux accompagnateurs de bonnes conditions de travail, de contrat et des moyens en suffisance (notamment du temps).
  • Garantir aux opérateurs, en concertation avec eux et tenant compte de leur spécificité, la transparence et la cohérence des actions de remobilisation, orientation et d’accompagnement et des actions de contrôle/sanction.

Piste d’action : Etablir une Charte et un Conseil déontologiques des métiers d’accompagnateur dans le cadre de politiques collectives qui intègrent les engagements réciproques des parties prenantes.

Conditions de mise en œuvre :

  • Soutenir le travail collaboratif entre opérateurs.
  • Soutenir et encourager les pratiques de contrôle collectif.
  • Développer le Droit des accompagnateurs d’accéder à des pratiques d’intervision/supervision.
  • Dissocier l’activation sociale et l’activation professionnelle.
  • Négocier avec les opérateurs les objectifs quantitatifs et qualitatifs opérationnels des orientations fixées par le politique en tenant compte de leurs spécificités, des moyens qui leur sont attribués et de la réalité du contexte socioéconomique.

Cube2-Processus-accompagnement4. Le processus d’accompagnement est lourd et complexe parce que les personnes visées par l’accompagnement sont de plus en plus éloignées de l’emploi.

Recommandations :

  • Assurer une continuité dans les processus d’accompagnement des personnes (ex. CPAS-Forem) en considérant que l’accompagnement dépasse le rôle des conseillers Forem mais s’étend aussi aux rôles d’autres intervenants sur différents facteurs connexes à l’ISP (santé mentale, mobilité, alphabétisation/FLE…) et pérenniser les projets qui ont fait leur preuve dans le cadre des appels à projets.
  • Créer un centre de compétence et de ressources multi opérateurs pour les métiers de l’accompagnement permettant aux divers acteurs de coaliser leurs pratiques, leurs connaissances, de débattre du cadre de référence commun, et de favoriser la recherche et le développement sur les métiers.

Pistes d’action :

  • Formations initiales ou continues des accompagnateurs (immersion réciproque des formateurs et conseillers, tutorat, coaching, intervision, supervision externe, action de type « Journée de la formation pour adultes »…).
  • Activer une plateforme réseau intra opérateurs et multidisciplinaire.
  • Renforcer les outils/services existants (comme le service AS du Forem).

Conditions de mise en œuvre : 

  • Améliorer la lisibilité et l’accessibilité des formations initiales ou continues pour les accompagnateurs.
  • Dégager des moyens (dont du temps) pour soutenir les professionnels au début et tout au long de leur carrière.
  • Doter le centre de compétence d’instances décisionnelles multi opérateurs.

 

 

3. Les personnes accompagnées

Cube3-personnes-accompagnees5. L’accompagnement obligatoire vise à garantir un traitement “égalitaire″ des individus. Mais, le manque de perspective d’emploi, les contraintes administratives et réglementaires et les risques de sanctions financières génèrent fréquemment de l’agressivité ou de la passivité chez les personnes accompagnées. De plus, la généralisation de l’accompagnement amène un nouveau public peu réceptif au départ à un processus d’insertion.

Recommandations :

  • Revoir la notion et les modalités de la contractualisation.
  • Garantir la sécurité financière des parcours professionnels des personnes.
  • Préférer le terme “équitable” (juste, adapté aux besoins) au terme “égalitaire” (identique pour tous).
  • Développer des méthodologies (outils/techniques/actions) pour améliorer la compréhension des enjeux et dispositifs pour les personnes accompagnées.
  • Créer un service de médiation indépendant et accessible réservé au processus d’accompagnement et de coopération.

Pistes d’action :

  • Revoir les motifs de sanction.
  • Identifier, dans le contrat passé entre le demandeur d’emploi et le service public, les contreparties objectives, atteignables par chaque acteur.
  • Développer, en concertation, une grille de critères et d’indicateurs qui devront permettre de mesurer le rapprochement vers l’emploi de la personne accompagnée.

Conditions de mise en œuvre :

  • Outiller les demandeurs d’emploi pour leur permettre d’être informés et de négocier le contenu de leur plan d’action.
  • Permettre aux demandeurs d’emploi qui s’inscrivent au Forem d’effectuer leur positionnement métier après un 1er rendez-vous avec un conseiller en vue de l’établissement d’un projet professionnel, et faciliter les modifications ultérieures de ce positionnement.

Cube3-personnes-accompagnees6. L’accompagnement est un levier qui vise l’insertion professionnelle de tous. Il doit également favoriser l’estime de soi et la qualification sociale de la personne accompagnée.

Recommandation : Négocier avec la personne accompagnée des objectifs progressifs et réalistes, en rapport avec le marché de l’emploi actuel et les aptitudes, besoins et souhaits du bénéficiaire, permettant la maturation du projet.

Pistes d’action :

  • Prévoir des espaces de paroles formels et collectifs (écoute et participation des bénéficiaires).
  • Donner la possibilité aux demandeurs d’emploi de vivre des expériences de travail réelles et valorisantes.
  • Définir les notions de “personnes éloignées de l’emploi″ et “peu qualifiées”.
  • Octroyer aux personnes objectivement inaptes au travail une allocation et/ou leur permettre une activité à plus-value sociale adaptée à leur problématique.